À Brest, la Fondation soutient le logement des jeunes

La Fondation Abbé Pierre soutient l'Agence Immobilière à Vocation Sociale "Alma" située en plein coeur de Brest.

06/04/2017 | Crédits photos : © Droits réservés

Permettre aux plus modestes d'accéder au logement et de pouvoir s'y maintenir, c'est l'objectif de l'AIVS "Alma", sous statut associatif depuis 1999, qui emploie trois personnes.

"Nous nous occupons de 300 logements  situés uniquement dans la ville de Brest. Jusqu'à présent, nous avions surtout des hommes et des femmes isolés mais de plus en plus de familles monoparentales font appel à nos services. Et depuis tout récemment, nous avons aussi quelques personne âgées" précise Nathalie Perron, la directrice de l'agence.

La grande majorité des appartements gérés par l'AIVS sont des T1 ou T1 bis, tous proches du centre-ville. La plupart des locataires sont bénéficiaires des minima sociaux ou ont un emploi précaire. Tous les locataires sont bénéficiaires de l'Allocation Logement (APL).

 

"Un bel engagement"

Mme L, 37 ans, a récemment investi dans un immeuble de 4 logements situés dans le quartier des Capucins en cours de rénovation et à 5 mn du centre-ville.

"Nous avions vu une pancarte sur un immeuble qui précisait que l'on pouvait avoir des aides en contactant l'association "Soliha" sur Brest. Cette association nous a fait découvrir l'investissement social et nous avons trouvé que la démarche était belle.

Nous avons ensuite rencontré l'AIVS et c'est vrai que leur sérieux, leurs compétences et leurs objectifs nous ont convaincus. Les 4 logements de notre immeuble ont été entièrement rénovés et disponibles fin septembre cette année et ils sont tous loués. Le plus grand fait 60 m2, le plus petit fait 40m2.

Je ne savais pas que les jeunes pouvaient rencontrer des difficultés de logement aussi importantes, l'AIVS nous a fait découvrir les problèmes que beaucoup de gens peuvent rencontrer pour se loger.


Avec mon ami, nous sommes très contents d'avoir pris cet engagement, même si les démarches étaient un peu plus complexes, c'est une bel engagement."

 

50% des demandeurs d'un hebergement d'urgence avaient moins de 30 ans en 2015

"En Bretagne, les jeunes font également partie du public auquel nous essayons d'apporter des réponses adaptées. Les Centres d'hébergement et de réinsertion sociale où ils sont très nombreux ne constituent pas une bonne solution et les Foyers de Jeunes Travailleurs sont saturés. Ils sont aussi régulièrement victimes de conditions de logement indignes dans le parc privé, nous le savons et sommes très vigilants à cela. Nous les aidons également à réaliser toutes les démarches nécessaires à leur installation dans un logement autonome."

Pour la Fondation, l'AIVS reste une solution encore mal connue et peu développée à Brest car peu portée politiquement. En 2016, seule une dizaine de jeunes a bénéficié d'un logement grâce à l'aide de la structure. Dans le même temps, à Rennes, le temps d'hébergement moyen dans le FJT local est passé de 4 à 11 mois...

 

En un mois, j'étais logée, je n'y croyais pas !

Laurie, 22 ans, s'est installée dans l'un des 4 appartements rénovés de l'immeuble de Mme L., dans le quartier des Capucins. Depuis février dernier, elle est locataire d'un T1 avec cuisine équipée.

"Je voulais prendre mon indépendance, c'était important pour moi et je pense que ça l'était aussi pour ma mère. J'ai demandé à la mission locale comment faire pour trouver un logement abordable et l'assistante sociale m'a orientée vers l'AIVS. Ils ont été vraiment super avec moi et m'ont prise au sérieux malgré mes petits moyens.

Je ne pensais pas du tout trouver aussi vite et surtout un logement en si bon état. Tout est neuf ! Vraiment, je suis très heureuse. Mon loyer me revient à 100 euros/mois, ce qui me laisse encore de quoi m'offrir des petites choses... Je suis en contrat aidé en tant qu'aide ADSEM dans une école pendant un an et je touche l'APL.

J'ai vraiment découvert un système que je ne connaissais pas avec l'AIVS et je l'ai beaucoup recommandé autour de moi. Je connais pas mal de jeunes qui ont des problèmes de logement... L'année prochaine, je passerai le concours de l'école d'auxilliaire puéricultrice. "

"Il faut vraiment développer de telles initiatives car les jeunes en ont cruellement besoin et n'ont que très peu de réponses appropriées en termes de logement. Mettre en lien des propriétaires qui ont une sensibilité sociale et des personnes, dont les jeunes, qui ont des diffculté d'accès au logement, c'est une réponse positive qui doit étendue. Il faut pour cela un vrai portage politique, ce qui n'est pas le cas jusqu'à présent" déplore Stéphane Martin, directeur de l'Agence régionale Bretagne de la Fondation Abbé Pierre.