"Dans la lumière des jours" : 14 mois à la Boutique Solidarité de Toulouse

Ce 25 janvier, la Fondation Abbé Pierre et le réalisateur Jean-Luc Prince présentent un film documentaire réalisé auprès de personnes accueillies.

25/01/2017

Le tournage du documentaire a commencé en avril 2015 et s'est terminé en juillet 2016 ; avec quelques mois de coupure, ce sont au total une soixantaine de jours de tournage qui ont été effectués à la Boutique, auprès de 7 personnnes accueillies qui ont donné leur accord au réalisateur pour être suivies dans leur quotidien.  Des heures d'échanges et d'entretien avec 7 personnes entre 30 et 50 ans. Lily Séverine,  28 ans, ancienne punk, est la plus jeune dans le film et Bruno, âgé de 70 ans, en est le sénior.

"Ce qui m'a marqué une fois de plus, c'est combien nous sommes identiques ! Ces personnes ont exactement les mêmes envies, les mêmes besoins et les mêmes préoccupations que nous. Elles sont "juste" dans une situation beaucoup plus difficile et compliquée que nous... Le but de ce documentaire est de leur donner la parole car selon moi, on ne les entend pas assez. Dans ce film, je me mêle à leur vie ; j'ai passé beaucoup de temps avec elles pendant plus d'un an, alors que je ne les connaissais pas du tout."

Jean-Luc Prince, réalisateur professionnel, est également bénévole à la BS de Toulouse qu'il fréquente depuis 2012, en participant notamment aux ateliers d'écriture. Il y a 3 ans, il avait déjà réalisé un premier documentaire sur les personnes à la rue qui fréquentent la halte de nuit de Toulouse, un autre lieu d'accueil atypique où il est aussi bénévole et qu'il connaît bien.

" Je trouve important qu'on ne regarde pas ces personnes comme des victimes, même si elles le sont, ce qui m'intéresse, c'est justement l'autre côté, leurs projets de vie, leurs objectifs... Dans ce film, j'ai souhaité effacer humainement les différences entre eux et nous."

 

Un lieu miraculeux

"Pour moi, la Boutique Solidarité de Toulouse fait partie de ces lieux miraculeux où l'on ne demande pas de comptes aux personnes accueillies. On est quotidiennement dans le rapport humain et les salariés ont vraiment un autre regard sur les personnes, un regard que l'on ne trouve pas dans les autres structures. En CHRS ou dans les centres d'hébergement d'urgence, les rapports sont très différents et parfois même les travailleurs sociaux sont eux aussi dans des situations précaires, avec des contrats de tiers-temps ou de mi-temps..."

Bruno sera présent à la projection du film le 25 janvier à Paris. La Boutique Solidarité lui paye le voyage.

"Moi, je cherche à faire des liens entre les gens de la rue et les autres. C'est important que personne n'ait peur de l'autre. Je connais beaucoup de monde car cela fait 40 ans que je vis dans la rue. C'est ce que j'ai voulu partager avec Jean-Luc pendant qu'il était avec moi.

Dans ma vie d'avant, j'avais une femme et des enfants, j'ai même travaillé à Emmaüs. Je vais à la Boutique de Toulouse depuis 98, donc je connais aussi beaucoup de monde là-bas. J'aime bien discuter avec tout le monde, les gens et les rencontres que je fais m'apportent beaucoup."