3,8 millions de mal-logés en France

La Fondation Abbé Pierre présente une nouvelle estimation du nombre de personnes mal logées en France qui révèle une situation qui s’aggrave.

17/12/2015 | Crédits photos : ©SamuelBollendorff/Agence Vu

La Fondation Abbé Pierre présente une nouvelle estimation du nombre de personnes mal logées en France, à partir de chiffres inédits issus de notre exploitation de la dernière édition de l’Enquête nationale Logement (Enl). 3,8 millions de personnes souffrent de mal-logement ou d’absence de logement personnel. Outre ces situations les plus graves, près de 12 millions de personnes sont touchées à des degrés divers par la crise du logement.

À côté de cette nouvelle photographie statistique du mal-logement en France, enrichie de nouveaux critères de mal-logement, la Fondation Abbé Pierre révèle des tendances alarmantes à l’aggravation de la situation pour la plupart des indicateurs disponibles, qu’il s’agisse du nombre de personnes sans domicile, d’hébergés chez des tiers, de personnes subissant un effort financier excessif pour se loger ou de ménages souffrant du froid à domicile.

3,8 millions de personnes sont non ou très mal logées. Parmi les 894 500 personnes privées de logement personnel, l’enquête Sans-domicile de l’Insee 2012 compte 141 500 personnes sans domicile, qu’elles vivent en situation d’hébergement, en CADA, en abri de fortune, à l’hôtel ou à la rue.

Le recensement de la population dénombrait en outre, en 2006, 85 000 personnes en habitations de fortune (constructions provisoires ou mobil-homes tandis que l'ENL indique que 24 733 personnes vivent à l'hôtel en 2013). Parmi les personnes privées de logement personnel apparaissent enfin 643 000 personnes hébergées chez des tiers de manière très contrainte : personnes de 17 à 59 ans hébergées par des personnes sans lien de parenté direct (69 000), plus de 25 ans contraints, après une période de logement autonome, de revenir habiter chez leurs parents ou grands-parents faute de logement autonome (339 000), majeurs de plus de 25 ans chez leurs parents incapables de décohabiter pour raisons financières (153 000) et personnes de plus de 60 ans hébergées chez un tiers sans lien de parenté direct (83 000).

Ensuite, 2 879 000 personnes vivent dans des conditions de logement très difficiles. 2 113 000 sont privées de confort, car leur logement ne possède pas d’eau courante, de WC intérieurs, de douche, de moyen de chauffage ou de coin cuisine, ou leur façade est très dégradée avec des fissures profondes. Ces différents critères constituent un manque de confort certain et sont bien souvent par ailleurs des indices laissant supposer que d’autres problèmes de confort affectent ces logements, souvent petits, anciens et dégradés : humidité, moisissures, mauvaise isolation, installation électrique dangereuse, infiltrations d’eau…

Ensuite, 934 000 personnes vivent en surpeuplement dit « accentué », c’est-à-dire qu’il leur manque deux pièces par rapport à la norme de peuplement. On peut ajouter à ces chiffres 40 921 résidents de foyers de travailleurs migrants en attente de rénovation, dans des conditions de vétusté parfois dramatiques. Enfin, on estime qu’il manquait, fin 2013, 11 000 places en aires d’accueil pour des familles de Gens du voyage, représentant environ 44 000 personnes si l’on compare les réalisations d’aires aux objectifs officiels des schémas départementaux.

 

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