36 ans d'attente pour être relogée.

La demande de logement social de Mme J. remontait à 1982. Elle a été relogée le 1er novembre 2017.

24/01/2018 | Crédits photos : photo d'illustration

« Je ferme la page, oui.  Des années d’attente, 3 ans de procès… mais aujourd’hui, je sais que je vais pouvoir rester vivre à Paris. C’est un énorme soulagement, je n’ai plus rien au-dessus de la tête. Mais rendez-vous compte, ce n’est toujours pas un logement social. »

Mme. J a effectivement pu s’installer dans un studio de 30 m2, dans le XIXe, au 5e étage d’une résidence-appartement gérée par la caisse d’aide sociale de la Ville de Paris.

« C’est parce que je suis à la retraite depuis le mois d’août que j’ai eu cette possibilité. Mon assistante sociale m’avait dit qu’on pouvait essayer cette piste pour débloquer ma situation. »

Prioritaire Dalo, Mme J. avait fait un ultime recours en septembre dernier pour obtenir un délai avant de quitter le logement qu’elle occupait dans le parc privé, mais s’était vue refuser ce dernier par le juge.

« J’avais été convoquée à nouveau l’été dernier par la police qui m’avait avertie du fort risque d’expulsion car mon propriétaire voulait absolument récupérer le deux-pièces que j’occupais. J’avais peur d’être expulsée et de ne pas tenir jusqu’au 1er novembre. J’ai tout de suite écrit à nouveau à Mme Hidalgo et au maire du XIXe et seul le maire de l’arrondissement m’a répondu. Je ne sais pas si c’est ce dernier courrier qui a fait bouger les choses... »

Des années de procédures et d’accompagnement par les services sociaux et l’Espace Solidarité Habitat de la Fondation pour qu’enfin Mme J. ne soit plus inquiétée. Aujourd’hui, elle souhaite surtout ne plus avoir à solliciter l’aide de personne.

« Je ne veux plus rien demander, je veux rester tranquille. Tant de gens ont besoin d’un logement ! Comment vont faire les plus jeunes ? Ceux qui n’arrivent pas à gagner leur vie ? J’ai l’impression qu’on éloigne les gens modestes de la capitale… Ici, mon loyer est un peu plus cher qu’avant, mais tout est compris, alors je m’y retrouve mais je continue à faire attention. »

Ne pas se priver, Mme J. ne sait pas ce que cela veut dire. Elle n’est jamais partie en vacances et se refuse toujours certaines choses. Céramiste et indépendante, la vie culturelle parisienne lui convient heureusement parfaitement.

« Je m’estime heureuse, je finirai sans doute mes jours ici. Ce que je souhaitais, c’était surtout ne pas me retrouver en banlieue. Mais je continue à penser que nous vivons les mêmes problèmes qu’à l’époque de l’hiver 54 et trouve que c’est une honte qu’on ne puisse pas loger tout le monde dignement dans la capitale de notre pays. »