6 familles de Gens du voyage sédentarisées dans des logements décents.

La commune de Sury-le-Comtal, dans la Loire, propose désormais un habitat adapté aux familles sédentarisées jusque-là dans des conditions insalubres.

18/04/2016

La commune possède déjà une aire d’accueil de 15 places, gérée par la Communauté d’Agglomération Loire Forez, afin de répondre aux besoins de stationnement temporaire des gens du voyage. Mais plusieurs familles étaient sédentarisées depuis 10 ans sans droit ni titre sur un terrain dans des conditions de vie et d’hygiène précaires.

Une démarche innovante et participative a été mise en place, visant à mieux prendre en compte les aspirations et les usages des familles concernées. En amont du projet de construction, la conception d'un habitat évolutif, en adéquation avec les besoins des familles et dans lequel elles soient impliquées à toutes les étapes du projet (conception, réalisation, sensibilisation à la gestion responsable de l’habitat et de l’environnement) a été mise en place.

 

"Ici, on est chez nous. On est enfin tranquille."

Charles a 55 ans bientôt. Père de 6 enfants, il est né sur la commune où ses parents, gens du voyage, avait fini par acheter un petit terrain dans les années 50.

"Cela fait 3 mois que nous sommes installés avec ma femme et mes deux filles encore mineures. On apprécie surtout les sanitaires dans la maison et la chaleur. Dans une caravane, il faut chauffer énormément et dès qu'on ouvre la porte, la chaleur part.

Ce qui change la vie aussi, c'est qu'on se sent enfin chez nous. On a un toit et un petit jardin où se trouve notre caravane. Il faut qu'on la garde près de nous. On part en été avec, et on apprécie le reste du temps d'avoir ce point d'attache.

Ce sont les enfants qui sont le plus heureux : ils peuvent enfin dire qu'ils habitent dans une maison et qu'ils ont une chambre. Ils sont comme tout  le monde, et ça, c'est très important. Je me souviens, quand j'étais jeune, dès qu'on disait qu'on habitait en caravane, on était catalogué..."

Dans ce projet collectif, on a été écouté pour construire les maisons. C'était vraiment important car on a une façon de voir qui n'est pas la même que les autres. Ce n’est pas souvent qu'on peut en parler. C'était vraiment bien d'être écouté."

 

Un exemple de financement du programme "Toits d'abord"

Grâce au soutien de la Fondation Abbé Pierre, ce projet qui a vu le jour près de Saint Etienne, a permis la construction de 6 logements très sociaux (T3 et T4).

Chambre, grande mezzanine, de 35 à 76 m2 de plain pied, les logements neufs sont de qualité et labellisés BBC, ce qui permet de réduire le coût des charges. Installées dans ces nouveaux logements très sociaux, les familles bénéficient également d'un accompagnement dans le cadre d'une MOUS "Habitat adapté aux Gens du voyage" pour prendre possession de  leur nouvel habitat et gérer leurs dépenses locatives. Les familles se sont appropriées le terrain en positionnant elles-mêmes le bâti et les caravanes.

 

"Je ne pourrai pas vivre en Hlm, on a besoin de vivre à l'extérieur."

Après des dizaines d’années passées sur le terrain communal mis à leur disposition, certaines familles ont réalisé qu’elles devaient quitter définitivement le lieu où leurs enfants sont nés et ont grandi, ce qui n'a pas été facile. D'autres ont tout de suite souhaité réaliser des travaux d’aménagement de leur logement : monter des cloisons, installer une cuisine équipée...

Rapidement, les nouveaux locataires ont décidé rapidement de mutualiser leur main d’œuvre sous la coordination de l'un d’entre eux qui est maçon, pour réaliser en commun une clôture continue et homogène entre les lots du terrain familial. La voirie centrale a donné son accord.

Attentif aux besoins des familles issues de la communauté des gens du voyage, SOLIHA Loire, en lien avec le réseau national des PACT s’est engagé depuis plusieurs années à promouvoir des projets d’habitat adapté et de sédentarisation. Il s’agit de proposer aux communes et aux partenaires institutionnels une offre de service de qualité compatible avec les financements publics et les contraintes réglementaires, et de s’engager à respecter les usages et les modes de vie des familles.

La Mairie, la Région, le Département, la CAF ainsi que la Fondation Abbé Pierre ont participé au financement de ce projet qui a nécessité 12 mois de travaux. Isolation renforcée de chaque logement, un poêle à granulés haute performance énergétique et automatisé, un chauffe-eau thermodynamique et des raccords au réseau individuel d’eau et d’électricité sous les auvents caractérisent chacune des maisons.

« Ça y est on est enfin sûr que ce n’est pas un rêve »... « Si cela permet à d’autres maires de se décider à faire la même chose ce serait bien. »