33 projets soutenus auprès de plus de 23 associations.

Depuis sa création il y a près de 2 ans, Solifap a soutenu 23 associations en besoin de financements de développement et a par ailleurs acquis 35 logements très sociaux.

07/03/2016 | Crédits photos : © Eric Tournet

L'association « Solidaires pour l'Habitat » (Soliha) Centre Val de Loire est issue de la fusion de trois associations de trois des départements de la Région Centre Val de Loire, dans l’objectif de pouvoir, répondre de manière plus intensive aux difficultés de logement des personnes sur le territoire.

 

Eric Tournet, directeur général de l’association :

« Notre rôle, c'est de lever les difficultés financières des personnes mal logées... Grâce à la Solifap, nous pouvons démultiplier cette aide sur 3 départements. Je le vois particulièrement sur les problèmes d'insalubrité que nous rencontrons beaucoup. Pour que les chantiers se fassent, nous devons le plus souvent avancer le montant des travaux aux artisans afin que les familles ne soient pas en difficulté. Cette avance de trésorerie représente aujourd'hui un poste bien plus lourd qu'avant. »

 

La capacité d'agir et de prendre du recul

« Outre le prêt que la Solifap a octroyé à notre association, nous avons également une garantie qui rassure nos partenaires sur des opérations particulières, comme l'habitat des Gens du voyage ou le logement des personnes âgées en milieu rural...  Récemment, nous avons pu ainsi faire sortir de terre une opération de 5 logements pour des Gens du voyage, dans le Loir et Cher. »

Lutter contre les taudis, contre la précarité énergétiques, adapter les logements en fonction des besoins... ce sont toutes ces actions que la Solifap soutient à travers son aide financière et son expertise. Un soutien du tissu associatif destiné à l'amélioration des conditions de logement des plus modestes à laquelle ses actionnaires sont particulièrement sensibles.

Marie-France, 69 ans, a connu la Solifap par la presse. Donatrice ponctuelle à la Fondation Abbé Pierre depuis 1995, elle a désiré compléter son action contre le mal-logement.

 

« Comment fait-on pour louer quand on a de faibles ressources ? »

« Ce que j'ai cherché en souscrivant à Solifap, c'est un placement qui ne soit pas forcément lucratif mais qui permette vraiment d'aider l'habitat social. Il y a d'autres domaines d'investissement qui pourraient m'intéresser comme le développement durable, mais quand je vois ce qui se passe à Paris, vraiment, il faut faire quelque chose pour le logement social aujourd'hui, c'est très clair pour moi.

On voit bien combien les Parisiens sont étranglés par les dépenses en logement : presque toutes leurs ressources y passent. C'est vraiment incroyable, et ça continue d'empirer. Moi, j'ai la chance d'être propriétaire mais comment font les autres ? Comment fait-on pour louer quand on a de faibles ressources ? »

Depuis son lancement, Solifap compte une quinzaine d'actionnaires, personnes physiques, qui ont souhaité s'inscrire dans une démarche de placement solidaire en faveur de la lutte contre le mal-logement.

Je trouve ça scandaleux qu'il y ait autant de logements de haut standing qui soient construits dans Paris et qui restent vides alors que des millions de personnes attendent un logement social. Si on ne commence pas par les aider eux, à quoi ça sert ? Le droit au logement, c'est un droit auquel je suis très sensible.

Acheter des logements sociaux, soutenir les associations qui aident les personnes en situation de précarité et qui sont elles-mêmes en difficulté, je trouve cela vraiment bien. Je compte d'ailleurs, si je le peux, investir davantage »

 

« L'Etat ne soutient pas assez les associations »

M. G, 66 ans, est psychothérapeuthe à mi-temps. Il a investi dans Solifap à sa création.

« Tous les ans, je regarde ce que propose Finansol pour me tenir au courant des nouveautés de l'épargne solidaire. C'est comme cela que j'ai découvert la Solifap. Pour moi, financer du logement social c'est important. Mais il faut aussi soutenir les associations en difficulté quand on peut. J'ai la chance de pouvoir le faire aujourd'hui... J'ai eu une enfance très défavorisée et je sais ce que c'est que d'être dans le besoin, d'avoir des difficultés.

Je trouve que l'Etat devrait lui aussi mettre la main au portefeuille et mieux soutenir les associations en difficulté. Il devrait y mettre du sien... Les particuliers qui ont les moyens ne peuvent pas tout faire...

Je sais très bien que le placement que je fais n'est pas lucratif, ce n'est pas ce que je cherche. Je le dis clairement, je préfère mettre mon argent au service des mal-logés et des associations plutôt que de ne pas savoir où il va et s'il est vraiment utile. Je soutiens également Emmaüs car je trouve que donner du travail et éviter le gaspillage c'est très important aussi. Notre société a vraiment un gros problème également avec le gaspillage... »

 

Le mal-logement rend malade

Maryse, 78 ans, est retraitée et vit à Maisons-Alfort.

« J'ai connu la Solifap en lisant un article d'informations sur les placements solidaires ; je connais depuis très longtemps la Fondation Abbé Pierre : par mes parents à l'époque et aujourd'hui, je la soutiens par des dons épisodiques.

Je suis responsable bénévole d'une équipe de St Vincent de Paul près de chez moi et je constate au quotidien les souffrances des familles qui ne peuvent être "bien" au moins chez elles.

Les maladies des enfants (asthme, etc.) causées par les appartements en mauvais état sont fréquentes et les témoignages que j'entends sont marquants : manque de place lorsque toute la famille doit dormir par terre, allongés les uns à côté des autres.

J'entends aussi très souvent évoquer les lourdes dépenses d'électricité dans les appartements mal isolés et tant d'autres choses de ce genre... On ne peut pas rester sans rien faire devant tant de misère... Je suis non-imposable et je fais avec ce que j'ai.

Soutenir l'action de la Fondation à travers Solifap, c'est ce que j'ai choisi. Je trouve que vous poursuivez un but sans vous laisser influencer par des intérêts commercio-financiers.

Aujourd'hui, je déplore beaucoup les lenteurs administratives de l'Etat ajoutées aux intérêts et désintérêts des décideurs qui sont responsables du manque de construction de logements sociaux nécessaires actuellement. »