Bidonvilles messins

À Metz, les déracinés de l’avenue de Bilda resteront à la rue… un peu plus loin des regards.

04/10/2016

Paris, le 03 octobre 2016

Depuis 2013, l’agglomération messine a vu ressurgir des bidonvilles. En novembre 2013, environ 800 personnes survivaient dans des conditions inhumaines sur un ancien parking de bus. Elles ont finalement été hébergées à la mi-novembre. En 2014, ce sont 400 personnes qui ont dû attendre la mi-novembre pour accéder à un hébergement.

Le 28 juillet 2016, 160 personnes ont été transférées vers un hébergement par les services de l’Etat. Dès la soirée du 28 juillet, de nouvelles familles se sont installées non loin des bureaux du Dispositif de Premier Accueil (DPA) situés Avenue de Blida.

Deux mois plus tard, le 28 septembre 2016, les services de l’Etat et de la Ville de Metz déplacent plus de 400 personnes 50 mètres plus loin sur le même parking désaffecté qui avait servi en 2013 et 2014.

La Fondation Abbé Pierre, membre fondateur du RESAM (Réseau de Solidarité des Associations Messines), dénonce une nouvelle fois l’attitude de l’Etat et des collectivités qui, sous la pression des riverains, déplacent ces familles déjà déracinées, sans leur apporter une réponse digne en attendant un hébergement plus pérenne. Elles sont une nouvelle fois reléguées loin des regards.

Alors que les températures nocturnes sont passées sous les 10 degrés, la Fondation Abbé Pierre ne peut tolérer que 200 personnes, dont une soixantaine d’enfants restent à la rue, sous des tentes de fortune, dans des conditions d’hygiène inacceptables. La Préfecture de la Moselle et la Ville de Metz assurent que ce «camp» est provisoire. De fait, il n’y aura aucune scolarisation des enfants, alors même que l’Education Nationale s’était déjà mobilisée la semaine dernière pour accueillir ces enfants. Le site serait sécurisé par une société privée. Qu’en sera-t-il de l’intervention des différentes associations qui accompagnent tant bien que mal ces familles sur le plan sanitaire et humain ?

Par ailleurs la fermeture du DPA, dispositif incontournable pour que ces familles puissent faire valoir leurs droits, est annoncée pour cette fin de semaine, et personne ne peut dire quand il rouvrira, ni où. Que feront les nouvelles familles qui arriveront dans ce laps de temps ? Chaque semaine, une trentaine de familles environ arrivent sur Metz pour être enregistrées par le DPA.

Devant ce manque d’humanité, la Fondation Abbé Pierre réclame de la part de l’Etat le respect de la loi, et donc une attitude humaine et l’ouverture d’un centre de premier accueil dans des bâtiments et non sur un parking, afin que ces familles bénéficient de conditions sanitaires dignes. La scolarisation des enfants doit être organisée, sur place ou dans des écoles voisines. La rupture de prise en charge de ces familles est inacceptable ; le DPA doit être maintenu en activité. Tous les moyens humains doivent converger et offrir à ces familles déracinées une prise en charge digne et humaine.

 

 

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