Micros logements : la Fondation dénonce la passivité de l’État

De plus en plus de personnes vivent dans des micros logements, dans des conditions contraires à la dignité humaine sans que l’État n’intervienne.

12/07/2016 | Crédits photos : © Ljubisa Danilovic

Le 12 juillet 2016,

La Fondation Abbé Pierre s’inquiète de recevoir de plus en plus de personnes démunies vivant dans des débarras sous les toits, dans des conditions contraires à la dignité humaine, sans que l’État ne reconnaisse l’insalubrité de leur logement.

À Paris, on estime que près de 7 000 chambres de service avec une surface inférieure à 9 m2 sont occupées à titre de résidence principale. Ces chambres sont sans confort, parfois sans eau et sont situées dans des combles souvent mal isolés. Face à ce phénomène, on ne dénombre qu’une cinquantaine d’arrêtés préfectoraux interdisant ces pièces à l’habitation chaque année.

L’absence d’arrêté donne carte blanche aux propriétaires de ces pièces pour les louer à prix d’or ! C’est le cas notamment de Monsieur L. qui paie 420 euros pour une pièce de 6 m2. Alors que la Préfecture — par le biais de l’Agence Régionale de Santé — a connaissance de ces situations. Pour certaines, comme celle-ci, aucune procédure administrative n’est engagée. Plus encore, alors que le droit interdit l’expulsion des personnes vivant dans ce type de logement, Monsieur A. qui habitait un logement de 5 m2, pour lequel un arrêté avait été pris depuis 2013, a été expulsé avec le concours de la force publique en juin 2016 !

La Fondation Abbé Pierre rappelle que dans une pièce grande comme un abribus, il est impossible de ranger ses biens personnels, il est impossible de manger à table, il est impossible de recevoir de la famille ou des amis et d’y élever des enfants dans la dignité. Elle dénonce également l’attitude de l’État à Paris face à l’habitat indigne, qui consiste à considérer qu’un débarras est un logement et demande au Préfet de protéger les premières victimes de la crise du logement : les plus démunis.

 

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