Confinement puis déconfinement, le fragile équilibre des squats

Depuis le début de la crise sanitaire, la Fondation soutient des associations qui ont renforcé leurs interventions pour sécuriser les habitants.

01/06/2020 | Crédits photos : DR

Abricadabras… Un nom à la connotation magique pour ce Collectif stéphanois qui gère depuis un an 4 lieux (une ancienne poste et plusieurs grandes maisons) au cœur de Saint-Etienne où squattent près de 150 personnes, dont plusieurs enfants.

Avec la crise du Covid-19, les visites quotidiennes ont été renforcées pour assurer le suivi sanitaire des différents sites et gérer une situation parfois tendue car malgré la forte implication du 115 à l’échelle locale, certaines personnes à la rue - notamment des personnes en situation d’addiction – sont venues se réfugier à l’intérieur des squats.

« Il a fallu être très vigilants car ces nouveaux arrivants ont perturbé fortement l’équilibre dans les lieux. Et pour nous, qui n’avons aucun soutien médical, cela n’a pas été facile », précise l’un des militants du Collectif soutenu dès le début de la crise par la Fondation.

L’augmentation des interventions et des distributions de produits d’entretien et d’hygiène ont notamment été financées par le fonds d’urgence de la Fondation, ce qui a permis une réactivité du Collectif sur l’ensemble des sites. De fait, depuis le début de la pandémie et alors que le déconfinement est amorçé, aucun cas de contamination n’a été déclaré.

Avec les premiers jours de fin de confinement, un gros travail d’information et de formation se poursuit auprès de tous les habitants, la plupart demandeurs d’asile, accompagnés également dans leurs démarches juridiques et administratrives par la petite équipe bénévole de ce jeune Collectif.

« L’échange d’informations est primordial, encore plus en temps de crise… parfois, nous restons sur un site tout un après-midi pour écouter, orienter, prévenir. Nous avons affaire à une grande majorité de demandeurs d’asile qui n’ont aucune information et nous les orientons vers les associations spécialisées qui peuvent leur venir en aide. Ils n’ont aucune aide pour effectuer leurs démarches et le suivi de leurs papiers… », précise encore l’un des militants.

« Abricadabras » travaille également en étroite collaboration avec l’association « Solidarité Rroms » qui a bénéficié d’une partie du financement du fonds d’urgence et a pu elle aussi augmenter ses capacités d'accompagnement. Plusieurs familles logées ou à l’hôtel et dans le besoin sont ainsi soutenues depuis plusieurs mois maintenant.