« Émeute ou mobilisation ? »

« Il ne faut pas se leurrer, il faudra bien finalement que le choix soit là. À chacun de nous, à nous tous ensemble, audacieux, sans merci, de vaincre la pauvreté. »

14/01/2020

Tel était le cri lancé à nouveau par l’Abbé Pierre, le 1er février 1994, pour lutter contre la misère. La Fondation Abbé Pierre relaiera à l’époque ce cri pour que cha-cun(e) se mobilise et engage une citoyenneté active contre le mal-logement.

Porter son regard sur l’autre, c’est ainsi que commence la lutte contre l’indifférence et l’exclusion. Ce sont d’ailleurs ces regards, ces personnes que la Fondation Abbé Pierre affiche chaque hiver avec sa campagne de sen-sibilisation déclinée sur tout le territoire. Cette année, Gérard, Yacine et Khalia dénoncent sur 7 000 supports extérieurs une réalité des plus violentes : la rue tue.

« Mes Amis, réveillons-nous ! Assez d’indifférences ! Faut-il attendre des catastrophes bien visibles, bien filmées, pour se mobiliser ? »

La Fondation veut redonner une « voix aux sans-voix » et invite le public à réagir, à prêter attention aux plus fragiles d’entre nous et à leur porter secours. Dès qu’elle le peut, elle interpelle les décideurs politiques sur les situations inacceptables d’injustice. Elle fait résonner les mots de l’Abbé, associés depuis 2016 à sa signature : « Être humain ».

La période s’ouvre à de très prochaines élec-tions municipales, occasion pour chacun de nous de se mobiliser contre le mal-loge-ment et demander aux futurs candidats ce qu’ils envisagent pour celles et ceux qui sont expulsés injustement de leur logement ou qui ne trouvent pas de logement pour vivre dignement.

« Beaucoup de municipalités et, plus que toutes celles de certaines grandes villes, trahissent en refusant des logements aux plus faibles. La France ne doit plus laisser de logements vides... La France doit bâtir immédiatement... et pour tous », s’exprimait l’Abbé Pierre dans les moments de rendez-vous électoraux. « Vous les citoyens, écrivez à votre maire, lancez des pétitions et déposez-les dans votre mairie... ».« C’est là notre tâche de justice... »

Raymond Étienne, Président du groupe mémoire Abbé Pierre