L'édito du 11 avril 2019
11/04/2019 | Crédits photos : Ljubiša Danilović

Chers Amis,

Vous le savez, la trêve hivernale a pris fin le 31 mars dernier à minuit, et depuis, ce sont des dizaines de milliers de personnes qui, la peur au ventre, sont menacées de perdre leur logement.

En 10 ans, les expulsions locatives ont augmenté de 46 %, un record historique dont on se passerait bien… L’an dernier, ce sont plus de 30 000 personnes qui ont été expulsées manu militari de leur domicile, sachant que plus nombreux encore sont les ménages à quitter leur logement avant l’arrivée des forces de l’ordre.

Comme vous avez pu le découvrir dans la vidéo de cette newsletter, la Fondation a dénoncé cette situation inacceptable dimanche 31 au matin en menant une opération coup de poing devant le ministère du Logement. Cette action lui a également permis de rappeler que depuis 10 ans, sa plateforme « Allô prévention expulsion », a accompagné et conseillé plus de 14 000 ménages menacés d’expulsion.

Mais c’est avant tout à la puissance publique d’être à la hauteur de la situation, ce qui n’est pas encore le cas, malgré la volonté affichée de l’État de mieux prévenir les expulsions. L’utilisation effective de l’arsenal juridique existant, la mobilisation active des acteurs, en particulier des Préfets et des Départements sur l’ensemble du territoire, le développement de l’accompagnement social et juridique en amont, associés à un effort budgétaire conséquent, sont nécessaires pour que la volonté politique affichée se traduise enfin par une baisse des expulsions.

Il faut donc engager un plan d’urgence contre les expulsions locatives. Celui-ci implique a minima et au plus vite un effort financier de 100 millions d’euros par an. Pour financer l’accompagnement social et juridique des personnes menacées d’expulsion et pour remettre à niveau le fonds – qui a considérablement baissé ces dernières années - qui permet aux Préfets, de dédommager les propriétaires lorsqu’ils suspendent l’expulsion, le temps de trouver des solutions alternatives. On ne peut continuer à laisser autant de personnes, adultes et enfants, dans la souffrance et la peur de se retrouver sans toit du jour au lendemain. Il y a urgence à agir avec détermination.