L'édito du 27 septembre
26/09/2019 | Crédits photos : Ljubiša Danilović

Chers Amis,

Pendant l'été, période des premiers arbitrages budgétaires, le logement a une fois de plus fait l’objet de coupes importantes. C’est pourquoi la Fondation a pris la parole pour dénoncer le manque d’ambition politique sur le front de l’hébergement et du logement. Tout porte à croire qu’en 2020 la construction de logements sociaux restera à un niveau bien intérieur aux 150 000 que nous appelons de nos vœux, tout comme la rénovation thermique qui, avec environ 300 000 logements rénovés par an, est encore bien loin des 500 000 logements fixés par la Loi. Une petite lueur d’espoir est apparue la semaine dernière lors de l’annonce d’une augmentation de l’enveloppe dédiée à la résorption des bidonvilles qui passera de 4 à 8 millions d’euros en 2020. Ça reste peu, nous direz-vous, au regard des milliards ponctionnés par l’Etat sur le budget du logement, mais cela devrait permettre de tendre la main à une partie des 16 000 personnes qui, faute de mieux, se sont rabattus vers un bidonville ; et la Fondation restera active pour apporter sa contribution pour sortir de ce fléau insupportable.

Il reste néanmoins une question majeure à poser : l’État, la puissance publique, se donnent-ils véritablement la capacité de changer rapidement et durablement les choses ? Cela alors même que les besoins sont criants, en matière de lutte contre l’habitat indigne ou pour les milliers de personnes vivant dans la rue qui ont appelé chaque soir de cet été le 115 sans se voir proposer de solutions, même provisoires, le temps de se reposer une nuit au chaud…  De fait la marche reste très haute pour garantir que plus personne ne soit contraint de vivre à la rue, l’objectif auquel le Chef de l’État s’était engagé en juillet 2017.

Il nous semble indispensable de changer d’échelle dès maintenant si l’on veut réellement apporter une réponse concrète aux mal-logés : relancer fortement la production de logements sociaux pour atteindre 150 000 constructions par an dont 60 000 destinés aux personnes les plus en difficultés, stopper la spirale des expulsions locatives, mobiliser plus encore le parc privé à vocation sociale, redonner la capacité d’agir aux accueils de jour pour les personnes vivant dans la rue, revaloriser significativement les aides personnelles au logement, augmenter le nombre d’attribution de logements sociaux aux personnes sans domicile, augmenter en urgence la capacité de résorption de l’habitat indigne…