L'édito du 6 fevrier 2019
25/01/2019 | Crédits photos : © Ljubiša Danilović

Chers Amis,

Vous le savez, en réaction à la colère sociale qui agite notre pays, le Gouvernement a engagé depuis le 15 janvier un grand débat national, avec pour objectif de permettre aux citoyens de s’exprimer. Il est impératif que celles et ceux qui se sentent abandonnés, qui sont isolés ou se trouvent en situation d’exclusion ou de mal-logement, puissent avoir voix au chapitre. Sans quoi, le risque est grand que les décisions qui découleront de ce débat laissent une fois de plus sur le bord de la route, les plus fragiles d’entre nous.

La Fondation ne manquera pas de contribuer à faire entendre la voix des sans-voix dans ce débat, dans la perspective de faire émerger des décisions qui conduisent à davantage de justice sociale et fiscale tout en préservant notre environnement. Elle a d’ores et déjà mis sur la table un ensemble de propositions susceptibles de répondre à d’importants défis de notre époque. Vous les trouverez dans la tribune intitulée « Et les autres ? » publiée dans cette newsletter et dans le 24e rapport annuel sur l’État du mal-logement que nous avons rendu public vendredi dernier.

Aujourd’hui, notre pays compte près de 9 millions de pauvres et 4 millions de mal-logés. Et ce ne sont-là que des chiffres — « on ne pleure pas devant les statistiques » disait l’abbé Pierre — qui cachent des réalités humaines très différentes, mais qui sont toutes douloureuses et bien souvent dramatiques. Il faut donc impérativement que des décisions ambitieuses permettent d’y répondre rapidement.

Mais il faut aussi que, de cette période d’instabilité majeure, puisse émerger une société plus apaisée. Pour cela, il faut tendre la main à ceux qui souffrent, il faut chercher à rassembler plutôt que de stigmatiser les personnes en difficulté. Notre pays a besoin d’écoute, de respect et plus que jamais de redorer les lettres du mot « Fraternité » sans lesquelles sa devise perdrait le sens historique qu’il a peiné à faire vivre et à défendre.

Christophe Robert,
Délégué général de la Fondation Abbé Pierre