« À Madame la Ministre :
faites des choses comme on a fait pour moi ! »

Ivan est installé depuis février dans un des 6 logements très sociaux financés par la Fondation dans le centre-ville de Sète, où se rend notamment la ministre du Logement aujourd’hui.

10/09/2020 | Crédits photos : Solifap/FAP

Une douche, un toit sur la tête, un four, un frigo… « Et top du top, un chauffe-serviettes dans la salle de bains ! C’est la première fois que je me trouve dans un logement aussi neuf et aussi équipé. Sans l’aide que j’ai reçue, à l’heure qu’il est, je serais toujours dans ma caravane insalubre… »

Ivan, ancien chauffeur-livreur, a vécu « une vie normale », comme il la qualifie lui-même, jusqu’à 45 ans. « Après, j’ai perdu mon travail et comme je ne pouvais plus assumer mon loyer, j’ai fini dans une vieille caravane, sur le terrain d’un ami. »

Sans eau ni électricité pendant 4 ans. « Le pire, c’était l’hiver… Tout est très cher dans la région et si tu n’as pas un bon salaire, tu ne trouves pas de quoi te loger. »

Après un accident pulmonaire, Ivan perçoit l’Allocation Adulte Handicapé (AAH) et reçoit l’aide du Service d’Urgence Sétoise (SUS) qui le met en contact avec l’association « Adages » afin d’accéder à un logement décent et accessible à ses revenus modestes. Aujourd’hui, il est installé en plein centre de Sète, rue Pierre Sémard, dans un des 6 logements très sociaux que la Fondation a financé dans le cadre de son programme « Toits d’Abord ».

« Maintenant que je suis logé, je cherche un travail adapté à mon handicap respiratoire ; je peux toujours conduire... En attendant de trouver une formation ou un emploi, je suis bénévole dans une association sétoise. J’assure la collecte des invendus des grandes surfaces et la distribution aux personnes à la rue. Aujourd’hui, moi, j’ai un logement avec un loyer abordable. Mais tous ceux qui sont à la rue n’ont pas cette chance… »

Des personnes en grande difficulté, sans toit, il y en a plein. Il faut donner sa chance à ceux qui galèrent. Moi, on m’a donné une chance avec ce logement. Sans garant et sans caution, c’était impossible d’y arriver tout seul. Aujourd’hui, j’ai un toit sur la tête et une vraie adresse. Pour trouver un emploi, c’est vraiment important. »

Dans son 45 m2, situé au 2e étage, Ivan est heureux. « Maintenant que je vis ici, où tout est propre et neuf, je vois bien que je vais mieux. J’ai envie de me lever le matin, de partir travailler et d’être utile. Ne plus être tributaire du temps qu’il fait… Un logement, c’est vraiment la chance de se remettre dans le circuit. »

Loger les plus modestes

Le projet de logements très sociaux à Sète est né dès 2016, autour d’un travail commun entre la Fondation, l’association Adages maitre d’ouvrage de l’opération, la communauté d’agglomérations, la Mairie, l’AIVS et la Solifap, société d’investissements solidaires créée par la Fondation Abbé Pierre.

« On a réussi à faire en sorte que tout le monde se mette autour de la table et on a beaucoup travaillé ensemble. Le plus important, c’était de faire accepter l’idée d’une utilisation sociale du bien pendant 30 ans », précise Guilhem Mazoyer, chargé d’opérations à l’association Adages.

Spécificité de cette opération en effet, c’est la Solifap qui acheté l’immeuble de la rue Sémard et qui l’a ensuite mis à disposition de l’association « Adages », sous la forme d’un bail à réhabilitation.

Aujourd’hui, avec Solifap, nous avons d’autres projets à Montpellier, où le marché du logement est très tendu », souligne encore Guilhem Mazoyer.

Dans le département de l’Hérault, en collaboration avec l’association Adages, la Fondation a par ailleurs financé 32 autres logements très sociaux dans le cadre de son programme « Toits d’Abord ».

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