« Merci à la Fondation Abbé Pierre ! »

20 ans après sa première demande de logement social, Mme K est enfin relogée dans le XIIIe arrondissement, à Paris.

30/10/2020

De la patience, de la ténacité, du courage… On ne saurait dire combien Mme K a usé de tout cela pour tenir bon pendant vingt années et ne pas se décourager.

Mme K était locataire d’un appartement de 35 m2 dans le XIIIe arrondissement de Paris, depuis 1997. À l’époque, Mme K. était gouvernante à plein temps, et travaillait notamment dans des familles haut placées…

« J’avais des contacts et j’avais envoyé tous les courriers possibles, même aux ministres, aux maires, aux députés… J’avais fait toute seule une demande Dalo qui n’a pas été positive, je me suis rendue partout où il était possible d’aller. Mais rien, rien, je n’ai jamais eu une seule proposition ! »

Mais dans cette attente interminable, le pire fut la période qui a débuté à la fin de l’année 2018, lorsque la propriétaire lui a demandé de partir.

« Là, je me suis écroulée. Ma propriétaire voulait vendre son bien et me demandait de partir, mais je n’avais aucune proposition de logement social et je ne trouvais rien… Nos relations sont devenues tendues, elles ont changé d’un seul coup. »

Lorsqu’elle prend contact avec l’Espace Solidarité Habitat, fin 2018, Mme K. est très inquiète. Les équipes de la Fondation l’accompagnent sur le plan juridique et la rassurent.

La peur de l’expulsion, le pire que j’ai vécu


 «Quand j’ai reçu la lettre de l’huissier en septembre 2019, j’ai commencé à vivre dans la peur de l’expulsion. C’est le pire de ce que j’ai vécu en 20 ans. On ne dort plus, on n’arrive plus à travailler et par-dessus tout, on a peur de se retrouver à la rue avec ses enfants… Quand j’ai été convoquée au commissariat, en juillet, ça a été le cauchemar. »

Au vu de l’ancienneté de sa demande de logement social, un nouveau dossier Dalo sous le critère de la menace d’expulsion est constitué par l’ESH et bientôt suivi d’un avis favorable. Compte tenu du fait que Mme K n’a jamais eu aucune dette de loyer et qu’elle est prioritaire Dalo, le concours de la force publique pour l’expulsion n’est pas accordé.

 « Tout le travail de l’ESH ainsi que celui de l’avocate que la Fondation m’a donnée, ça m’a vraiment soulagée. Je me sentais en sécurité et je n’avais plus peur car je savais que tout le monde était là pour m’aider.

Ensuite, tout est allé très vite : Moi qui avais attendu pendant plus de 20 ans, sans jamais avoir la moindre proposition, tout à coup, en juillet dernier, j’ai signé le bail de ce nouvel appartement !

Aujourd’hui, je me sens enfin chez moi, j’ai un appartement plus grand, avec une terrasse ! Jamais je n’avais imaginé avoir mon jardin à Paris…

L’appartement est bien isolé et nous n’avons plus froid… en plus, mes charges sont moins importantes et le loyer est moins cher.  Vraiment, je remercie toute l’équipe de la Fondation Abbé Pierre, à l’Espace Solidarité Habitat, qui m’a soutenue pendant deux ans. C’est grâce à elle que j’ai pu tenir pendant ces deux dernières années.»


Depuis la crise du Covid, Mme K, a de plus en plus de mal à trouver du travail et doit se contenter pour le moment de quelques heures par semaine.

« Je ne me suis jamais arrêtée et je continue à chercher pour pouvoir travailler plus. Avant, je gagnais bien ma vie, maintenant ce n’est plus le cas. Mais avec l’allocation logement et deux de mes enfants qui travaillent, ça va, je ne me plains pas. Avec mon nouveau loyer, j’économise déjà 100 euros et les charges aussi sont moins lourdes. C’est grâce à l’abbé Pierre tout ça. Vraiment, vraiment, je dis Merci. »