Message de l’abbé Pierre
03/08/2020 | Crédits photos : Sébastien Godefroy

Le monde a été confronté récemment à la plus grande crise sanitaire de l’époque contemporaine. Et les conséquences économiques et sociales qui en découlent déjà et qui en découleront encore pendant de nombreux mois risquent de fragiliser un large pan de notre société.

De manière imprévue et brutalement, la pandémie du Covid-19 a remis sur la sellette les inégalités sociales qui fissurent notre société depuis la fin des « Trente glorieuses ». Inégalité dans l’accès aux soins, au travail, au logement, à l’éducation… De plus en plus accentuées et profondes, dans un monde marqué par la mondialisation et la financiarisation, ces inégalités fragilisent dangereusement notre société et notre monde et mettent en péril le devenir même de l’humanité. Notre fondateur, l’abbé Pierre, l’avait compris et avait prédit un tel danger :

« Le monde va très probablement traverser des crises graves qui obligeront les Nations les plus développées, qui sont souvent aussi les moins peuplées, à faire un choix.

Ou bien elle se replieront sur elles-mêmes, en préservant l’ordre et les intérêts en place – ce qui, à terme s’avérera intenable et engendrera de nouvelles dictatures et de nouvelles guerres -, ou bien elles s’ouvriront à la solidarité.

Cette seconde voie suppose un effort de chacun, un renoncement pour beaucoup à bien des privilèges, en vue d’une redistribution des moyens qui permettra à chaque peuple de développer, à son tour, ses propres richesses.

La mondialisation nous conduit, je dirais même nous contraint, à tenter de construire, enfin, un monde fraternel. »

Il est clair que la pandémie du Covid-19 a fortement secoué notre monde et nos certitudes et que l’épreuve que nous traversons nous oblige à rebattre les cartes afin que les notions de respect et de dignité pour tout individu et pour notre environnement soient sauvegardées. La pauvreté et l’exclusion ne sont ni une fatalité ni un crime mais bel et bien les conséquences de décisions politiques et de gouvernance à l’échelle nationale comme à l’échelle mondiale.

Je ne peux m’empêcher de citer à nouveau notre fondateur qui écrivait aussi dans son journal « Faim et Soif », paru en juin 1962 :

« Nous sommes tous ensemble responsables, responsables de nous-mêmes et responsables les uns des autres, et c’est cela la grandeur d’être homme. »

Raymond Etienne, Président du groupe de la mémoire Abbé Pierre