Regard sur les taux d’effort de locataires du parc privé lyonnais entre 2007 et 2020

La Fondation publie une double analyse locale inédite en collaboration avec le centre Max Weber/Université Lyon 2 et l’association Alpil.

29/06/2021 | Crédits photos : Bertrand Gaudillère

Pour la Fondation, les enseignements de cette double étude sont significatifs dans un contexte où les prix de location augmentent globalement, ce qui n’est pas le cas de tous les revenus, particulièrement les revenus modestes.

Entre 2007 et 2017, les prix à l’achat de l’immobilier privé dans la métropole de Lyon ont augmenté d’environ 30 % alors que le revenu médian n’a lui augmenté que de 17 %.

Cette étude inédite montre que les ménages concernés par un taux d’effort élevé sont moins précaires financièrement qu’en 2007 (11 808 euros de revenu disponible moyen par Unité de Consommation en 2020 contre 8 928 euros en 2007), ce qui permet de conclure que l’alourdissement du budget logement n’est pas dû à un appauvrissement des ménages concernés mais bien à une augmentation des prix du logement privé dans la métropole lyonnaise.

Concernant le marché locatif privé, les loyers des ménages locataires analysés ont augmenté en moyenne de 21 % entre 2007 et 2020, soit une hausse supérieure à celle de l’ensemble des loyers sur l’agglomération lyonnaise (+15 %).

De plus en plus de gens solvables sont concernés par le loyer trop cher, le congé, les impayés/expulsion et l’impossibilité de se reloger à l’identique sur le parc privé. Une évolution confirmée par l’ADIL 69 qui témoigne de la croissance des sollicitations ces dernières années sur les congés vente-reprise et plus récemment sur d’autres phénomènes recensés : les ventes à la découpe, la surélévation d'immeubles et plus récemment, l’inquiétude financière liée à la crise sanitaire.

À travers l’analyse produite, pour les locataires concernés par un congés-vente ou reprise, les données analysées indiquent que les reprises de logement se font pour des loyers deux fois plus élevés qu’en 2007, témoignant d’une remise sur le marché de logements aux loyers déjà assez proches du niveau moyen (363 euros de loyer mensuel moyen en 2007, 631 euros en 2020).

Dans ce cas, pour les ménages modestes, le taux d’effort moyen pour se loger est de 54 % en tenant compte des aides au logement et de 63 % hors aide au logement.

Pour remédier à cette situation et dans le cadre de sa lutte contre le mal-logement, la Fondation Abbé Pierre soutient les dynamiques d’encadrement des loyers qui permettrait notamment :

  • Aux ménages locataires concernés par l’encadrement des loyers d’être informés, de se manifester et d’être appuyés dans les démarches,
  • Aux ménages locataires qui échappent aujourd’hui à l’encadrement de bénéficier d’une information sur le droit des locataires (congés vente ou reprise, changement d’usage de logement d’habitation en meublé de tourisme, vente en bloc/à la découpe, sorties de conventionnement ANAH, hausse à la relocation au-delà de l’indice légal )…
  • À l’action publique de réinventer un appui/une intervention en s’appuyant sur les personnes et le repérage effectués par les associations de terrain qui œuvre dans le champ de l’habitat et qui développent des dynamiques collectives, des logiques d’agir autour de l’accompagnement individuel,
  • De consolider une observation des marchés qui puisse relier différents sujets aujourd’hui cloisonnés (observation encadrement des loyers, air B&B, vente en bloc/à la découpe) tout en affinant la connaissance sur le volet (regard sur les taux d’effort des ménages locataires du parc privé, vigilance/intervention sur les augmentations de loyers à la relocation, sur les sorties de conventionnements ANAH etc…)