L’évacuation du 36 rue Curiol,
révélatrice d’une situation dramatique à Marseille

Lundi 9 septembre, plusieurs ménages ont été expulsés de leur immeuble du 36, rue Curiol à Marseille. Cet évènement vient s’ajouter à de nombreux autres cette année. Sans questionner le contexte précis de cette expulsion et des actions qui sont intervenues les jours suivants, il est essentiel de rappeler les causes profondes d’un drame hélas ordinaire en France, et tout particulièrement à Marseille.

24/09/2019 | Crédits photos : Delphine Picard

Communiqué de presse, le 23 septembre 2019

Lundi 9 septembre, plusieurs ménages ont été expulsés de leur immeuble du 36, rue Curiol à Marseille. Cet immeuble, racheté par Marseille Habitat, abritait des ménages victimes d’un marchand de sommeil qui continuait de sévir en louant illégalement des logements.
 
Cet évènement vient s’ajouter à de nombreux autres cette année. Sans questionner le contexte précis de cette expulsion et des actions qui sont intervenues les jours suivants - le temps et la justice permettront d’appréhender les responsabilités de chacun - il est essentiel de rappeler les causes profondes d’un drame hélas ordinaire qui se joue chaque jour en France, et tout particulièrement à Marseille.

Il interroge en premier lieu le rôle de l’État : quelles sont les raisons qui amènent des familles, dont certaines avec des enfants en bas âge, à être contraintes de payer un marchand de sommeil pour vivre dans un hôtel meublé insalubre et dangereux ?

Fidèle aux combats de l’abbé Pierre, la Fondation n’a de cesse depuis sa création de s’indigner du traitement réservé aux personnes sans abri et défavorisées. En 2016 par exemple, à l’occasion de la journée mondiale des réfugiés, la Fondation réclamait déjà, aux côtés de 84 associations, « un plan national sur le premier accueil, l’augmentation de l’offre de logements pour l’ensemble des publics à la rue, l’amplification des ouvertures de places d’hébergement pour les demandeurs d’asile ».

Le Gouvernement a annoncé vouloir « faire la guerre aux marchands de sommeil », ce dont la Fondation Abbé Pierre, qui mène cette bataille depuis des années, se félicite. Mais, tant que les personnes les plus vulnérables ne seront pas mises à l’abri, ces marchands de sommeil pourront continuer leur activité et nourrir ainsi l’immense parc de logement indigne.

À Marseille, la situation est particulièrement dramatique et le nombre de personnes et d’enfants à la rue ne cesse de grossir. Les structures de première urgence, comme l’accueil de jour de la Fondation pour les personnes sans abri, peinent de plus en plus à parer au plus pressé et au plus vital : au-delà de l’hébergement, le simple accès à l’eau ou aux conditions minimales d’hygiène n’est pas garanti dans la deuxième ville de France. Partout sur son territoire, les personnes défavorisées tombent sous l’emprise de marchands de misère et de réseaux criminels, dans les taudis des centre villes comme dans les grandes copropriétés dégradées, et continuent à être évacuées, à être expulsées.

Les évènements récents, véritables drames pour les personnes, révèlent l’insuffisance inacceptable des réponses qui vont de la rue ou d’un logement indigne au logement décent et pérenne. Dans ce contexte dramatique, les carences et dysfonctionnements multiples ne doivent pas encourager à agir dans l’urgence, à la limite de la légalité, mais chaque bailleur, chaque acteur, se doit de respecter strictement la loi. Il est surtout indispensable, à Marseille comme ailleurs, que les pouvoirs publics se mobilisent beaucoup plus fortement afin que plus personne n’ait plus à choisir entre la rue et un taudis.
 

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