Relogements rue de la République à Marseille :
une mesure d’urgence dans l’attente
d’une politique ambitieuse de lutte
contre l’habitat indigne.

22/01/2019 | Crédits photos : Sébastien Godefroy

L’ampleur de l’habitat indigne à Marseille est le résultat du manque de logements décents et accessibles qui alimente un sous marché locatif dans lequel, faute de solutions, les ménages les plus pauvres sont contraints d’accepter de vivre dans des conditions dangereuses pour leur santé ou leur sécurité.

Cette cause première de l’habitat indigne se retrouve dans les conséquences du drame du 5 novembre. Faute de logements disponibles, les pouvoirs publics peinent à proposer des solutions acceptables aux familles délogées ces deux derniers mois. La mobilisation du peu de logements décents et accessibles pour leur relogement, notamment en centre-ville, risque en outre de se faire au détriment de nombreux ménages à la rue ou reconnus prioritaires au titre du droit au logement opposable.

C’est dans ce contexte que le Ministre du logement Julien Denormandie a annoncé ce lundi 21 janvier la mobilisation par l’État d’appartements vides rue de la République auprès de sociétés foncières. La Fondation Abbé Pierre salue cette initiative qu’elle appelait de ses vœux depuis le drame et qui permettra d’héberger dans des conditions décentes une partie des familles toujours hébergées en chambres d’hôtel dans des conditions quotidiennes particulièrement pénibles. Cette annonce a de plus une portée symbolique tant la réhabilitation de la rue de la République était devenue, dans l’imaginaire collectif, l’exemple d’une politique urbaine qui accentuait les déséquilibres territoriaux au sein de la commune et ne répondait pas à l’impératif d’une production massive de logements décents et accessibles.

Néanmoins, la Fondation Abbé Pierre rappelle que cette mesure d’urgence nécessaire ne saurait répondre à elle seule au défi d’une ambitieuse politique de lutte contre l’habitat indigne sur la métropole. Le ministre déclare partager l’objectif fixé par la Fondation d’une éradication en dix ans de l’habitat indigne en France.

À Marseille, où près de 40 000 logements sont potentiellement indignes, cela doit se traduire par un objectif annuel de réhabilitation de 4000 logements, soit environ 400 immeubles par an. L’audit annoncé par l’Etat de 4000 immeubles sur la ville, et dont la Fondation espère un démarrage imminent, doit permettre le repérage fin des situations les plus préoccupantes. Le traitement de ces situations nécessite une intervention massive et volontariste de l’ensemble des collectivités territoriales et des services de l’Etat.  Tel doit être, au-delà des moyens annoncés par le ministre et la présidente de la métropole, l’horizon que doivent se donner l’ensemble des pouvoirs publics sur le territoire, et notamment dans le cadre du prochain Plan Local de l’Habitat. C’est le sens du message que la Fondation Abbé Pierre portera également lors des prochaines assises de l’habitat organisée par la métropole.

« Il s’agit de lutter à la fois pour remédier aux causes en même temps que pour donner du secours immédiat. Il faut tout le temps mener de front ces deux actes. » L’abbé Pierre
 

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