« Ce logement, c’est la liberté et la sécurité ! »

Jean-Claude a vécu 6 mois à la rue. En mai dernier, il s’est installé dans un deux-pièces tout près du centre de Saint-Denis.

03/08/2020 | Crédits photos : DR

Appeler le 115 chaque fin d’après-midi, prendre le petit-déjeuner à la Boutique Solidarité de Saint-Denis puis passer d’une rue à un autre à la recherche d’un endroit pour se poser… Jean-Claude a encore en tête son quotidien à la rue.

Pendant le début de la crise du Covid et du confinement, Jean-Claude s’est retrouvé hébergé avec une vingtaine de compagnons de rue dans un un établissement public local, le CREPS (Centre de ressource, d’Expertise et de Performance Sportive) réquisitionné à Saint-Denis, où chaque personne bénéficiait d’une chambre individuelle équipée d’une salle de bain, d’ espaces extérieurs et d’une salle de restauration.. Après plus d’un mois passé dans cet hébergement d’urgence évitant le retour à la rue, Jean-Claude a été le premier à être relogé définitivement dans l’esprit du « Logement d’abord », le 6 mai dernier. À 51 ans, sa vie a pris un nouveau départ.

« Quand je suis arrivé dans l’appartement, j’ai cru qu’on s’était trompé, un deux-pièces pour moi tout seul, je ne pensais pas avoir si grand ! Etre à l’abri quand il pleut, ne plus avoir à attendre l’ouverture des abris de nuit ; pouvoir dormir le matin et me lever quand je veux. C’est la fin de l’angoisse, tout simplement. Je me sens totalement libre et en sécurité et surtout, totalement autonome. »

Dans le cadre du « Logement d’abord », Jean-Claude, bénéficiaire de l’Allocation de Solidarité Spécifique (ASS), a été destinataire d’une aide financière de l’État débloquée durant la crise qui lui a permis d’acheter un peu de mobilier. L’aide de la Fondation Père Favron, qui travaille en partenariat avec la Fondation Abbé Pierre, lui a également permis de s’équiper.

« Avec les APL, je débourse 66 euros par mois pour mon loyer. Pour l’instant, j’ai 500 euros de revenu, donc ça va et quand je vais reprendre le travail, ça ira encore mieux. Ce dont je suis le plus fier, c’est ma machine à laver ! j’ai aussi un frigo, c’était pour moi les deux choses que je voulais en priorité. J’ai commencé avec juste un lit et une chaise en plus, mais ça ne me dérangeait pas. Aujourd’hui, j’ai tout ce qu’il me faut et je peux même recevoir ma copine. Elle a les clés, je lui ai dit : « tu es ici chez toi ! »

Jean-Claude est fier aujourd’hui de pouvoir accueillir son amie. Mais dans les premières semaines de son installation, la solitude et la sensation d’enfermement entre 4 murs n’ont pas toujours été faciles à vivre.

« Se retrouver seul dans un appartement, au début c’était dur. Du jour au lendemain, j’ai quitté le centre sportif où on était nombreux et me suis retrouvé ici. Parfois, en fin de journée, j’avais le réflexe de vouloir téléphoner au 115 et puis je me disais : « mais, non, tu rentres chez toi. »

Jean-Claude reste en contact avec la Fondation Abbé Pierre et les autres associations qui l’ont aidé à s’installer. Et puis, très vite, il espère pouvoir reprendre le travail.

« J’ai passé le plus dur et c’est une grande étape. Je sais qu’il y en a encore beaucoup qui galère… Quand j’irai mieux, je verrai comment aider les autres. »

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