À Stains, des burgers vegan pour les personnes accueillies

En partenariat avec la Fondation, le restaurant végétarien « East Side Burgers » a monté une opération solidaire de distribution de burgers en Seine-Saint-Denis, lundi 22 février.
 

23/02/2021

« Déjà, ça met une sacrée ambiance de voir des personnes préparer ces burgers pour nous ! C’est vraiment gentil ! On rencontre des nouvelles têtes, ça sent bon, et franchement, même s’il n’y a pas de viande, ça a du goût ! En plus, on m’a dit que c’est équilibré… » Miguel (en photo ci-dessous), 29 ans, fréquente l’accueil de jour depuis près de 2 semaines, depuis qu’il est en hébergement d’urgence.

« Je suis dans cette situation depuis que je me suis séparé de ma femme… Franchement, on découvre que beaucoup de gens galèrent et que ce n’est pas uniquement des personnes à la rue, il y a beaucoup de jeunes. »



Il est midi, les 3 salariés d’« East Side Burgers » s’activent depuis une heure dans la grande salle pour confectionner les burgers végétariens au fur et à mesure des arrivées. Servie à l’assiette, la spécialité vegan accompagnée de salade et d’un cookie fait maison, fait recette. L’équipe a prévu de distribuer 100 burgers au cours de l’opération et si tout n’est pas consommé entre midi et 15 heures, le reste sera conservé au frais pour les jours suivants.

« Nous sommes 5 dans l’entreprise, dont 2 cofondateurs. Avec cette crise, on ne se voyait pas rester sans rien faire, alors qu’il y a de plus en plus de monde en précarité. Et puis surtout, on a envie aussi que ça inspire d’autres personnes ! On le voit, les gens sont solidaires, ils ont envie d’aider. Si nous le pouvons, nous recommencerons : en levant des fonds auprès de nos clients ? En demandant à nos fournisseurs un geste gracieux ? On verra, mais c’est sûr qu’on ne s’arrêtera pas là », précise Térésa Moya, cofondatrice du restaurant fast-food. Alors que l’entreprise a perdu 40 % de son chiffre d’affaire depuis la crise du Covid, elle n’a pas hésité à venir proposer cette opération solidaire à la Fondation Abbé Pierre.



Dominique (en photo ci-dessus) est comédienne. Depuis la crise du Covid-19, à presque 60 ans, elle n’a plus aucun revenu. Logée dans l’appartement de sa mère décédée depuis plusieurs mois, Dominique vit très modestement grâce aux associations caritatives locales. Elle fréquente aussi tous les matins la Boutique Solidarité de Gagny où elle est heureuse de retrouver du monde chaque jour. C’est la Boutique Solidarité qui lui a proposé cette escapade gourmande.

« Pour manger tous les jours, heureusement qu’il y a les maraudes du soir avec la soupe. Et là, aujourd’hui, j’avoue que je me régale ! C’est super d’avoir organisé ça, je n’étais jamais venue à Stains, alors que c’est si près… Voir du monde, bouger, ça fait du bien, c’est la vie, on en a besoin ! Sinon, on a le moral à 0.

Pour moi, le Covid a été une catastrophe : je n’ai plus de boulot, plus rien du tout depuis le mois de mai dernier… Les structures ont été longtemps fermées et on n’avait plus rien, plus de colis alimentaire… Aujourd’hui encore, on est limité partout, je ne peux par exemple consulter ma boite mails qu’une fois par semaine, c’est compliqué pour garder les contacts professionnels. Vraiment, je n’en peux plus de cette situation. »

« Cette opération, c’est vraiment positif pour tout le monde ! Cela ranime la vie, ça change le goût, ça créé du lien et en plus, ça nous permet d’être en contact avec des partenaires qu’on n’a pas l’occasion de pouvoir approcher », précise Nadia Thibault, la responsable de l’accueil de jour fréquenté quotidiennement par 30 personnes en moyenne.

« Ceux qui viennent ici ne peuvent pas se payer ce type de cuisine et ça change vraiment leur ordinaire. Depuis la crise du Covid, nous servons une trentaine de repas chaque midi, en plus du petit-déjeuner, financé grâce une aide de l’État et un partenariat avec un restaurant d’insertion local… mais les plats restent tout simples et les personnes accueillies n’assistent pas à leur élaboration. Cette opération, c’est vraiment une belle réussite ! »