Une Pension de famille pour des personnes en situation de handicap

À Rungis, la Fondation a financé un projet exemplaire qui rassemble des personnes en situation de handicap et leurs accompagnants valides.

28/11/2019 | Crédits photos : Simon de Cyrène

À Rungis, la Fondation a participé au financement à hauteur de 100 000 euros pour la réalisation d’une Pension de famille pour personnes handicapées et personnes valides dans le cadre de son programme Toits d’Abord. Avec 24 salariés, « La ferme de Rungis » compte 5 maisons partagées, avec chacune 6 studios adaptés et 4 studios pour personnes valides. 2 bâtiments ont été entièrement construits et l’ancienne bâtisse a été réhabilitée. Chaque bâtiment est composé d'une cuisine partagée et d'un logement pour le responsable de "la maison" constituée autour des studios. Au total, 3 000 m2 sont désormais aux normes et économes en charges sur un site datant du Moyen Âge.

En plein centre-ville, ce lieu de vie est radicalement différent de l’institution médicale puisqu'il s'agit de logements autonomes.

Samantha, 25 ans, est arrivée il y a un peu plus d’un an. C’était pour elle une grande étape, n’ayant jamais vécu seule avant cela. La moyenne d’âge de la maison où elle s’est installée est de 30 ans.

« J’aime bien être ici, j’ai pris de l’autonomie et maintenant je fais beaucoup de choses toute seule. La maison est adaptée et c’est pratique. Je peux aussi plus souvent aller en ville. Ce qui est important pour moi, c’est qu’il y a toujours quelqu’un pour vous aider si vous avez un problème… Virginie, la responsable de la maison a toujours un moment pour nous si on veut lui parler. Je suis bien. »

Samantha est fière de ses progrès et elle a effectivement renforcé son autonomie. Chaque semaine, elle prend des cours de chant au conservatoire de Rungis et comme la plupart des résidents en situation de handicap, elle participe activement au Groupe d’Entraide Mutuelle fortement investi dans le projet.

« Dans notre maison, 2 résidents travaillent à l’extérieur, ce qui rythme aussi fortement notre vie. En tant que responsable, je m’occupe de gérer la vie quotidienne des 6 résidents et des 4 assistants qui vivent sur place. Parmi les assistants, nous avons aussi des jeunes en Service Civique de l’extérieur qui viennent régulièrement nous soutenir », précise Virginie, à la tête d’une des maisons depuis un an.

« Une vie de communauté, ce n’est pas anodin. On apprend beaucoup sur soi en aidant les autres. Pour moi, c’est une chance de vivre une telle expérience. L’entraide qui est au cœur de notre projet de vie est un don qui va dans les deux sens, aidants et résidants reçoivent tout autant. »

Dans la maison gérée par Virginie, le poumon de la vie partagée, c’est le mercredi soir où tout le monde se retrouve le temps d’un dîner et d’une soirée. De tels temps forts ont également lieu dans le bâtiment central où une grande salle à manger jouxtant une cuisine de restauration, permet l’organisation d’événements conviviaux avec l’ensemble des résidents, les proches, les auxiliaires de vie et les bénévoles.

Favoriser l’autonomie des personnes malgré le handicap ainsi que le soin et le lien social n’est pas la seule spécificité de cette structure gérée par l’association « Simon de Cyrène ». Le budget de fonctionnement de la structure est notamment financé par les redevance payées par les habitants, qui tiennent compte de leurs revenus majoritairement très faibles. Avant de s’engager à venir vivre au sein de la structure, les personnes handicapées viennent y séjourner dans le cadre de séjours « découvertes ». Un bel exemple de vivre ensemble.