Avec le relogement, la fin des violences conjugales

Victime de violences conjugales, Mme D., 59 ans, se sent enfin à l’abri dans son nouveau logement.

14/04/2021

« Je n’en pouvais plus, je ne dormais plus et j’avais tout le temps peur qu’il vienne et se venge sur moi… »

Le cauchemar de Mme D a commencé en décembre 2020. À la prononciation du divorce, le juge des affaires familiales donne la jouissance de l’appartement à son ancien mari et il lui est signifié qu’elle doit quitter le domicile sous deux mois. Passé ce délai, après 11 ans de vie commune dans le logement, elle risque l’expulsion.

« En 2016, un an après sa retraite, il a commencé à sortir, à aller sur des sites de rencontres… notre relation s’est peu à peu dégradée, il me frappait souvent. Après le divorce, comme je n’arrivais pas à trouver de logement, il est devenu de plus en plus violent. Moi, avec mon salaire de 700 euros, je ne trouvais même pas une chambre à louer. Je ne pouvais avancer 3 mois de loyer et n’avait aucun garant possible… La situation était très tendue et mon ex-mari me battait même la nuit… Je ne pouvais presque plus sortir de ma chambre et n’avais pas accès à la pièce de séjour… »

Mme D. dépose deux plaintes et l’ex-mari est mis deux fois en garde à vue puis se voit interdire le domicile tant que son ex-conjointe n’est pas relogée.

« Même avec l’interdiction, il est revenu, il a fallu que j’appelle la police. J’avais tout le temps peur. Heureusement, avec l’aide de l’ESH, j’ai pu constituer rapidement un dossier Dalo et j’ai pleuré de joie quand on m’a proposé ce logement, début avril. Cela a été très important pour moi de ne pas me sentir seule, d’être entendue et aidée pour toutes mes démarches. L’assistante sociale m’a aussi beaucoup soutenue. »

Aujourd’hui, dans son logement de 42 m2 situé au rez-de-chaussée, Mme D. dort enfin la nuit et se sent soulagée. Ses enfants qui vivent à l’étranger se sentent eux aussi rassurés…

« Je suis auxiliaire de vie scolaire et je surveille également la cantine pour augmenter un peu mes revenus. J’aime mon métier et ne voulais pas repartir vivre dans mon pays natal… J’ai un peu peur de ne pas y arriver avec le loyer, même si on a fait de simulations et qu’avec les APL je devrais m’en sortir… Je fais attention à ne pas m’endetter car il faut aussi que j’achète un frigo et quelques meubles… Je vais voir, L’essentiel, c’est d’être à l’abri. Je me sens enfin libre. »