Etudiant : la vie précaire avant et après le Covid

Comme Simon, 19,1 % des étudiants vivent en dessous du seuil de pauvreté.

30/06/2020 | Crédits photos : Pierre Faure

Simon, 27 ans, est arrivé à Nancy en septembre dernier. Inscrit à l’université, il a validé sa licence professionnelle en agronomie, un sujet qui le passionne et qu’il voulait approfondir en France.

« Au Togo, il n’y a pas beaucoup de possibilités de faire de la pratique et je voulais pouvoir appliquer mes connaissances théoriques. Ici, à Nancy, j’ai pu trouver un stage d’un mois en juin dans un laboratoire de recherche sur les cultures innovantes. J’aime beaucoup ce que je fais et ce que j’apprends. »

Ce stage réalisé au mois de juin, c’est une des bonnes nouvelles que Simon attendait depuis longtemps… Avec la crise sanitaire, l’isolement et l’enfermement dans 9 m2 pendant la majeure partie de la journée n’a pas été la pire difficulté qu’il a fallu affronter. Pendant plus de 2 mois, Simon a été sans ressource.

« Avant le confinement, j’avais des petits jobs pour payer ma chambre en cité universitaire, mais quand tout s’est arrêté, je n’ai plus eu de ressources et mes parents n’ont pas pu m’envoyer d’argent… Du coup, j’ai réussi à emprunter un peu à un ami, mais ça a été difficile pour moi. »

Car il a bien fallu continuer à payer la chambre d’étudiant, soit 150 euros qu’il faut débourser tous les mois. Malgré l’aide financière de son ami, Simon a dû se rendre une fois au Secours populaire pour pouvoir se nourrir. Une démarche difficile qu’il préfère évoquer brièvement pour oublier ce mauvais souvenir.

« Heureusement, le Crous de la cité universitaire distribuait aux étudiants isolés et confinés des denrées de base pour le mois, mais il fallait quand même compléter. Ça a été une période vraiment difficile ; j’étais gêné, mais je ne pouvais vraiment pas faire autrement. »

Pour rembourser au plus vite son ami, Simon a prévu de travailler tout l’été. Il a trouvé un emploi de manutentionnaire, en intérim. Et pour les premiers jours de juillet, comme il n’aura pas encore fini son stage, Simon sera manutentionnaire la nuit et travaillera aussi le dimanche.

« J’ai l’habitude de toujours travailler, pour payer mon logement et me nourrir, je ne peux pas faire autrement. Je compte continuer mes études l’an prochain, j’ai candidaté à Lille, à Brest et à Paris pour un Master. J’espère que je vais être pris quelque part. »