« Savoir que des gens veulent nous aider,
ça fait du bien »

Lundi 2 mars au soir, à la 2e cérémonie des Pics d’or organisée par la Fondation, Athmane, bénévole à la Boutique Solidarité de la Fondation à Marseille, est monté sur scène pour témoigner.

09/03/2020 | Crédits photos : Christophe Da Silva

Athmane a connu la rue en 2010. Il sait ce que cela veut dire. Des journées d’errance, de solitude qui marquent et qu’on n’oublie jamais.

« La première fois qu’on m’a aidé, c’est quand je suis venu à la Boutique Solidarité, en 2011. Depuis, j’y vais tous les jours et cela fait 6 ans que j’accueille à mon tour les personnes en errance. On a de plus en plus de monde, c’est vraiment dur pour les gens… »

Tous les matins, la Boutique Solidarité reçoit entre 200 et 300 personnes. Prendre un petit-déjeuner, une douche, remplir des papiers, sans oublier l’écoute bienveillante et les conseils, Athmane qui parle l’arabe, un peu le russe et l’italien, sait combien ce lieu est précieux pour les personnes qui n’ont plus rien.

« Les gens qui viennent sont dans la souffrance, on ne s’en rend pas bien compte tant qu’on ne discute pas avec eux. Quand vous n’avez pas de toit, que vous n’avez rien à manger ou rien pour vous habiller… et qu’en plus on vous empêche de vous reposer ou de vous asseoir, c’est terrible. À Marseille, le mobiliser anti-SDF se développe aussi et les personnes qu’on accueille en parlent, c’est quelque chose qui touche…»

« Cette cérémonie, c’est émouvant »

Athmane a aujourd’hui un logement et il fait des petits boulots de jardinage, de maçonnerie et de bricolage. Venir témoigner de son engagement aux côtés de la Fondation à la cérémonie des Pics d’Or et raconter ce qu’il fait au quotidien pour soulager la peine de ceux et celles qu’il appelle ses « collègues », ses « camarades » était important pour lui.

« Qu’on fasse une cérémonie pour dire ce qui se passe dans les villes, c’est bien. Mais ces pics d’or, ce n’est pas la solution.

La solution, c’est de construire des logements et des hébergements pour tous ceux qui sont dans la misère. Il y a des millions qui pourraient servir à ça… Personne n’est à l’abri de la rue et on devrait faire en sorte que plus personne n’y soit. »