Héberger les migrants mineurs pour leur éviter la rue.

La Fondation Abbé Pierre soutient l’association brestoise « Solami » créée en 2017 qui accompagne les migrants vers la reconnaissance de leurs droits.

11/06/2018 | Crédits photos : Deux jeunes accompagnés par Solami avec Anais, une bénévole. © droits réservés

Florian a 30 ans, il travaille à Brest depuis 3 mois et a tout de suite chercher à s’impliquer auprès d’une association d’aide aux migrants. « J’avais été bénévole dans une autre association et je voulais continuer à m’impliquer. J’ai découvert Solami qui s’occupe notamment de l’accueil et de l’hébergement des mineurs. Nous sommes plusieurs bénévoles par appartement et notre objectif est d’essayer de rendre leur quotidien moins lourd. Très peu parlent français, nous les aidons à prendre contact avec les autres associations locales, à avoir accès aux cours d’alphabétisation notamment, pour pouvoir reprendre une scolarité au plus vite. »

Chaque jeune hébergé – ils sont généralement 6 par appartement - signe un contrat avec l’association lui expliquant les avantages et soulignant l’engagement à respecter vis-à-vis des autres occupants.

« On se rend vite compte qu’un toit ne suffit pas. Il faut s’assurer des bonnes relations entre les jeunes, de la bonne tenue de l’appartement et bien sûr de l’alimentation et de la santé.  Les garçons ont entre 16 et 18 ans, je ne les questionne pas beaucoup sur leur parcours et sur leur histoire. S’ils le souhaitent, ils peuvent me parler mais j’essaye surtout de leur apporter un peu de sérénité. Aller à un match de foot, faire un jeu… je tente de leur faire oublier leur situation… »

Florian et les autres bénévoles passent au moins une fois par jour dans l’appartement de 45 m2 situé en plein cœur de Brest. Une heure ou toute une soirée, le temps passé à créer du lien est très variable. « Les délais sont très longs pour essayer d’obtenir les documents d’Etat civil et essayer de faire reconnaître leurs droits ; ça n’est pas toujours facile pour eux de comprendre. Le distinguo entre l’association, les pouvoirs publics et notre bénévolat n’est pas évident. Mais nous avons aussi de bonnes nouvelles concernant certains jeunes et ça, c’est important pour tout le monde. »

Aujourd’hui, l’association Solami gère 6 logements de type F3 ou F4 avec le bailleur social Brest Métropole Habitat ou encore avec des propriétaires privés. 27 jeunes en ont bénéficié en moins d’un an et 16 y sont actuellement. « Nous avons eu 7 reconnaissances de minorité devant le juge des enfants et une sortie en internat. 3 jeunes ont quitté la ville. Notre budget est majoritairement consacré aux loyers des appartements mais nous avons désormais une personne qui vient encadrer nos bénévoles et assure un accompagnement social », précise Roger Morin, le président fondateur de l’association qui reconnaît que la situation a empiré depuis la création de Solami : « On a changé d’échelle sur Brest, il y a beaucoup plus de migrants mineurs en squat et nous ne pouvons pas loger tout le monde… »

Financé par la Fondation, le poste d’éducatrice à mi-temps permet d’assurer l’accompagnement social des jeunes et de soutenir les équipes bénévoles. Récemment, l’Agence Bretagne a animé une journée de formation avec la Cimade sur les questions migratoires de plus en plus prégnantes sur le département : une quinzaine d’associations, dont Solami, y ont participé.