La France du logement trop cher

Malgré le tassement des prix depuis 2011, se loger correctement reste un objectif inatteignable pour une large part des ménages des couches populaires et moyennes.

05/12/2016

La France n’est pas sortie du logement hors de prix. Malgré le tassement des prix depuis 2011, à l’achat comme à la location, se loger correctement reste un objectif inatteignable pour une large part des ménages des couches populaires et moyennes, notamment dans les grandes villes.

La Fondation Abbé Pierre a testé, dans douze agglomérations françaises de diverses tailles, ce que différents ménages-types pouvaient concrètement s’offrir, à la location ou à l’achat, dans le neuf ou dans l’ancien, dans le privé ou dans le parc social.

Résultat : en dehors du logement vraiment social (PLAI et PLUS), les prix proposés sont souvent trop élevés pour la plupart des ménages, et pas seulement en région parisienne.

Les ménages les plus modestes ne sont pas les seuls touchés. Par exemple, un couple gagnant 2 200 € par mois avec un enfant ne pourra pas, à Nice, Lyon, Ivry, Bordeaux ou Montpellier, acheter un T3 à la mesure de ses moyens, sauf à subir un taux d’effort excessif ou à choisir un logement dégradé.

 

Un décalage SUBI PAR DES MILLIONS DE PERSONNES

Une famille monoparentale avec deux enfants et un salaire au SMIC ne peut louer un logement adapté et à un taux d’effort correct de 25 % dans aucune des 12 villes testées ici (voir document ci-dessous), même avec les APL.

Ces exemples, tirés de la vie quotidienne de millions de personnes, illustrent à quel point les marchés de l’immobilier sont devenus décalés par rapport aux revenus de ménages des classes moyennes inférieures, sans même parler des couches populaires.

Cette réalité appelle des politiques locales et nationales volontaristes de régulation des marchés de l’immobilier, de construction à coût abordable dans les zones tendues, de production de logements vraiment sociaux à grande échelle et d’aides au logement revalorisées.

À tous les niveaux, la pénurie de logements financièrement accessibles dans les zones tendues constitue également un appel pour une gouvernance efficace à l’échelle des agglomérations, capable de lutter contre la rétention et la spéculation foncières, afin de mettre des terrains à disposition pour produire des réponses en logements accessibles aux millions de ménages mal logés, et pour détendre un marché de plus en plus excluant.

Ces difficultés d’accès au logement des classes populaires et moyennes dans des conditions correctes devraient interpeler les candidats à l’élection présidentielle, dont on attend des propositions concrètes pour répondre à une attente fondamentale des citoyens : se loger dignement.